Espoir et bonheur en période de corona

Le week-end dernier, nous avons fêté Pâques. La fête de l’espoir. Mais il n’est pas évident d’être optimiste et heureux par les temps qui courent. Surtout maintenant que nous savons qu’il nous faut rester confinés encore plus longtemps.

Nous sommes bombardés de toute part par les bulletins d’informations et les directives, et surtout nous ignorons totalement quand cette crise va prendre fin. « Pourtant, vous pouvez toujours garder espoir », déclare Leo Bormans, chercheur et auteur. C’est lui qui a notamment écrit The World Book of Hope. « L’espoir est à la portée de tous, et il est très contagieux. »

L’espoir est un concept assez vague. Quand est-on optimiste ?

« L’espoir est quelque chose que vous pouvez apprendre et développer, mais vous devez agir pour cela et avez besoin de faire preuve de détermination. Les personnes pleines d’espoir se fixent des objectifs et veulent les réaliser. Nous déterminons la destination à rallier, les objectifs à atteindre et qui nous voulons être. En agissant de la sorte, nous nous remplissons l’esprit de visions d’avenir positives. Ensuite, il convient de chercher comment parvenir à cet objectif. Que nous révèle la situation actuelle ? Qu’il existe de nombreuses façons d’atteindre vos objectifs. Vous découvrez probablement aussi que vous possédez des compétences multiples que vous ne soupçonniez peut-être même pas. Dans les moments exceptionnels, nous pouvons nous montrer très créatifs. Un troisième élément crucial est l’autodétermination. Les personnes débordantes d’espoir restent maîtresses de leur vie. Elles ne se sentent pas victimes, mais prennent leur destin en main. L’espoir, c’est en réalité l’optimisme qui se retrousse les manches. Vous ajoutez un verbe à votre objectif et vous passez à l’action. »

 

« L’espoir, c’est en réalité l’optimisme qui se retrousse les manches. Vous ajoutez un verbe à votre objectif et vous passez à l’action. »

 

Les pessimistes ne peuvent-ils pas déborder d’espoir ?

« Bien sûr que si ! Les recherches du professeur Miguel Pereira Lopes, de l’université de Lisbonne, montrent que l’espoir fait ressortir, chez les optimistes, le meilleur de leur personnalité ; quant aux pessimistes, l’espoir les fait passer à l’action ! Le pessimisme a en fait une certaine utilité car, chez certaines personnes, trop d’optimisme peut être source de paresse. Elles pensent que tout s’arrangera toujours de toute façon et qu’elles ne doivent pas trop en faire. En période de grands défis, comme lors de ce coronavirus, il semble que les pessimistes passent précisément à l’action. »

 

Que pouvons-nous apprendre de cette crise ?

« La situation dans laquelle nous vivons aujourd’hui est une expérience inédite. De quelle manière les semaines de quarantaine affectent-elles notre comportement ? Des scientifiques de Prague se penchent sur cette question depuis plus de septante ans et leurs conclusions sont étonnamment positives. Vivre en isolement avec un nombre limité d’autres personnes pendant un certain temps peut conduire à une forme de croissance cognitive et sociale. Cela se produit surtout lorsque nous nous fixons un objectif commun (« Nous allons surmonter cette crise du corona ! »), que nous interagissons avec les autres (« Nous faisons cela ensemble ! ») et que nous sommes capables de partager nos émotions, tant nos craintes et nos doutes que notre courage et notre joie de vivre. En d’autres termes, la crise du corona nous met au défi de formuler de grands objectifs, de trouver de nouvelles façons de les atteindre et de rester ‘maîtres’ de nos vies, individuellement et collectivement, en toutes circonstances. »

 

Comment y parvenir concrètement ?

« Un comportement plein d’espoir fait une énorme différence face à des situations exceptionnelles comme la crise corona. Même dans des circonstances l’espoir joue toujours un rôle majeur. Une combinaison d’appropriation et d’une forte croyance en l’avenir est ici cruciale. C’est ce que dit le professeur Hills de l’université de Caroline du Sud. Elle a élaboré 9 mesures concrètes que vous pouvez mettre en œuvre pour être plus optimiste :

  1. Développez et fixez des objectifs ambitieux et réalistes dans chaque situation. Il s’agit d’objectifs – aussi appelés ‘stretch goals’ – qui vous amènent un peu plus loin que vos objectifs initiaux. Ils peuvent vous stimuler et vous inciter à faire encore plus de votre mieux. (« Nous n’allons pas seulement gagner la bataille contre le virus, nous allons en sortir plus forts et en meilleure santé »). 
  2. Réfléchissez à vos objectifs avec souplesse et ajustez-les si nécessaire. Non seulement, cela vous procure davantage de moyens de les atteindre à long terme, mais cela vous motive également à travailler plus dur pour y parvenir. (« Si la quarantaine de trois semaines au départ se transforme finalement en huit semaines, nous nous adapterons pour atteindre notre but »).
  3. Changez d’état d’esprit face à l’adversité en adoptant une attitude plus flexible. De cette façon, vous restez maître de vos propres actions. (« La première semaine a été difficile, mais nous en avons aussi retiré quelque chose. Peut-être devrions-nous tous prendre les choses avec davantage de sérénité »).
  4. Divisez vos objectifs à long terme en petites étapes et en objectifs à court terme. Concentrez-vous sur l’étape du moment, mais gardez à l’esprit l’objectif final. (« Qu’allons-nous faire aujourd’hui pour atteindre notre grand objectif à long terme ? »). 
  5. Mettez au point des stratégies constructives pour en finir avec les barrières. Ces stratégies vous aident à surmonter les obstacles qui se dressent entre vous et vos objectifs, et non à les éviter. (« Est-ce vraiment une bonne idée de trouver des chemins de traverse et d’autres astuces pour contourner tous les obstacles ? »). 
  6. Développez et renforcez vos relations avec les autres. Ce faisant, vous avez moins de chances d’abandonner, vous pouvez vous soutenir mutuellement, de nouvelles idées apparaissent et vous avez le sentiment de ne pas être seul. Il est temps d’aplanir ces vieilles querelles, de renouer avec d’anciens amis et d’offrir votre aide aux autres. (« Que puis-je faire pour vous ? »).
  7. Apprenez à vous parler à vous-même de manière positive. Ce type de dialogue a un effet positif sur le comportement orienté vers un objectif. (« Je ne savais pas que j’étais capable de faire ça »).
  8. Pensez à ce que vous avez réalisé dans le passé. (« J’ai déjà surmonté des moments) difficiles au cours de ma maladie »). 
  9. Évitez de vous apitoyer sur votre sort et de vous poser en victime. De telles pensées vous tirent vers le bas. (« Pourquoi faut-il que cela m’arrive maintenant ? »).

Une belle qualité des personnes pleines d’espoir est qu’elles ont de la patience. C’est aussi parfois ce qui fait la différence entre les scientifiques et les politiciens. Les scientifiques savent que tout prend du temps. Les politiciens veulent des résultats rapides. Et pourtant, nous pouvons tous apprendre les uns des autres. Nous pouvons apprendre à être plus optimistes, tant dans notre façon de penser que dans notre façon d’agir. À court terme, cela peut nous sauver la vie et, à long terme, contribuer à une meilleure société qui se concentre sur ce qui est vraiment important. Quelqu’un se souvient-il encore de ce que nous pensions être tellement important une semaine avant que n’éclate la crise du corona ?  »

Leo Bormans est chercheur et auteur de best-sellers internationaux comme Le Bonheur. The World Book of Happiness’ et ‘l’Espoir. The World Book of Hope’. Ces ouvrages ont été traduits en plus de 15 langues.

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Muriel est notre reporter Takeda