Mouvement de jeunesse et toilettes mobiles

J’ai rencontré mon mari à l’époque où je « kottais ». Je lui ai rapidement expliqué ma maladie, mais à nouveau, nous n’en avons jamais vraiment parlé. Le sujet a un jour été abordé par hasard au cours d’une conversation, sans plus.

Les choses sont rapidement devenues sérieuses entre nous et nous avons entamé la rénovation de notre maison quand j’étais encore aux études. À l’époque, Kristof travaillait dans le secteur de la construction et faisait tous les travaux lui-même. Par conséquent, il travaillait souvent pendant le week-end et, le fait que je ne sortais pas ou était trop fatiguée pour faire quoi que ce soit ne se remarquait pas. Car après avoir trimé dans la maison toute une journée, il était crevé lui aussi.

Parfois, ma maladie pourrissait un peu le quotidien. Comme lorsque nous nous rendions à la fête du mouvement de jeunesse KLJ. Kristof est un KLJ jusqu’au bout des ongles, et il lui tenait à cœur que je fasse moi aussi partie du mouvement. Mais toutes ces fêtes étaient organisées dans des hangars et des tentes avec toilettes portatives, ce qui était loin d’être un environnement idéal pour moi. Je préférais ne pas l’accompagner ou voulais rentrer tôt à la maison et il n’était pas toujours d’accord. Comme je ne parlais de ma maladie, il ne se rendait pas compte de son impact. Quand je lui disais vouloir rentrer parce que j’avais mal au ventre, sa réponse fusait qu’il fallait que je m’endurcisse ou que j’étais contraire et que je ferais mieux de m’adapter.

« L’eau, c’est bon pour les poissons »

Je ne bois pas d’alcool parce que mes intestins y sont très sensibles. Passer toute une soirée à ingurgiter de la bière ou du vin n’a donc jamais été mon truc. Mais, pour ces fêtes, je faisais une exception. Encore maintenant. Dans mon entourage, tout le monde aime boire un verre et on me regarde vite de travers si je ne suis pas le mouvement. J’ai toujours droit à un commentaire, même si ma famille et mes connaissances savent pourquoi je ne bois pas. « L’eau, c’est bon pour les poissons » disent-ils en riant. Ils ne comprennent pas combien il est lassant pour moi de me justifier en permanence. D’autant plus que mon abstinence me peine, car j’aime les bonnes choses et il n’y a rien qui me ferait tant plaisir qu’un petit verre de vin ou de bulles.

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